Léonore Deschamps, portrait d’une jeune mosaïste

J’ai rencontré Léonore en terre normande, dans le cadre d’un réseau d’entrepreneurs, et c’est à une terrasse de café parisienne que nous nous retrouvons.
Notre jeune femme réside maintenant sur Paris.

Léonore, attention ne pas l’appeler Éléonore, cultive depuis toute petite une envie créative, un besoin, même, qui la pousse à souhaiter vivre de sa création. Et elle en pris les moyens. Ainsi après une année de mise à niveau dans les Arts appliqués elle entre à l’École Nationale Supérieure des Arts appliqués et des Métiers d’Art, Olivier de Serres sur Paris et elle y obtient un DMA (Diplôme des Métiers d’Art Fresque-Mosaïque), puis un DSAA (Diplôme Supérieur des Arts appliqués dans les Métiers d’Art) .

Derrière ces intitulés de diplômes, comme souvent assez longs et ennuyeux, voyons comment Léonore a exploité ce cursus.

Partenaire

Au tout début de notre échange une question m’est venue:
– Pourquoi le choix d’une voie liée aux Métiers d’Art plutôt que les Beaux Arts ?
– Je souhaitais maîtriser une technique. Et peut-être que j’avais besoin de sécurité, sans interroger tous les media.
Pourtant au premier abord, ce «besoin de sécurité» n’est pas forcément ce qui semble caractériser Léonore; mais finalement en creusant un peu plus l’on ne tarde à découvrir une créatrice à l’esprit rigoureux et aux sources d’inspirations libres.

Cette rigueur Léonore l’a doit à son cursus, entre maîtrise technique et parfaite connaissance des matériaux.
Léonore est habile, et n’hésite pas à répondre à des chantiers de restauration, le dernier en date est celui d’une mosaïque en émaux de Briare,  de 7,5 mètres de diamètre en Bourgogne. Cette intervention s’est faite auprès de la restauratrice Astrid Maréchaux, mandatrice du projet.

Elle ne cesse également de moderniser l’utilisation de la céramique en matière de création et participe à la rencontre entre les métiers d’arts et l’innovation. On présente volontiers l’artisanat d’art comme peu adaptable à l’air du temps et tout juste bon à un chantier de restauration ou propre à des contextes très patrimoniaux.

Léonore nous montre tout le contraire, en participant à la première mosaïque interactive avec Marianka Design qui s’est tournée vers la création de surfaces interactives. Sur une simple caresse de la surface, la lumière s’éteint ou s’allume. La noblesse des matériaux associée à l’aspect technologique -Superbe-

Tournons nous maintenant vers le cerveau libre et créatif de notre artiste. Son esprit libre est présent dans la diversité des thèmes de ses créations. De ses îlots, aux mosaïques érotiques.

Lors de notre premier échange, Léonore avait apporté avec elle quelques uns de ces îlots, tout droit sortis de son imaginaire, et qu’elle accompagne chacun d’une citation sur le thème insulaire. J’apprécie particulièrement ce qu’elle dit de ces îlots : « ce sont des objets simples et modestes ». Ces objets de décoration uniques sont à poser sur une commode ou sur un meuble de salle de bain. Léonore nous invite ici à rêver et à nous évader, sans passer par la case Air France. Il est possible de commander sa petite île par internet.

D’autres créations ont suscité l’intérêt de toute l’équipe de Bazart et particulièrement de sa rédactrice en chef. Il s’agit des mosaïques érotiques de notre artiste normande.
Érotiques vous avez dit ? Oui tout à fait!
Cette fois, Léonore nous plonge dans le monde des plaisirs et des sens. Et c’est dans son atelier de Mondeville, non loin de Caen que ces mosaïques ont été réalisées.
Avec ce thème, Léonore nous montre son talent quant-à la représentation figurative des corps, masculins et féminins. Avec cette série, elle souhaite souligner les différences: l’on note des scènes hétérosexuelles mais également homosexuelles, des trios. Il s’agit d’une représentation de l’Amour sous toutes ses formes.
Ces mosaïques ont notamment été exposées à la galerie boutique- Les Rituelles -à Pigalle, en début d’année.

Dans la même veine d’une « création engagée », nous avons cette participation au projet Embellir Paris, pour lequel Léonore a fait équipe avec l’artiste transsexuel américain, Xavier Schipani. Leur projet n’a pas été retenu mais il est certain qu’avec une telle démarche elle a de nouveau dépoussiéré l’utilisation du médium mosaïque.

Notre jeune Normande ne s’arrête pas en si bon chemin puisque, après l’exploration du corps et des ses pratiques, elle a récemment répondu à la commande d’une synagogue pour la création de trois mosaïques.

Avant de pouvoir réaliser le chantier, j’ai dû me documenter sur le judaïsme dont je ne connaissais pas grand-chose. Ils me demandaient d’illustrer certaines scènes de la Torah, et je ne connaissais aucun des codes de représentation. Ce fut passionnant.

Au fil de notre conversation et comme vous avez pu vous-mêmes le noter, constatant que la plupart de ces projets étaient sur Paris ou en île-de-France, foi de Normand, je devais lui demander pour quelles raisons.
Voici sa réponse :
– En fait hormis quelques personnes qui m’ont fait confiance, je n’ai jamais reçu l’accueil escompté. Et ceci malgré mes belles origines.
Il faut croire qu’ il y a un côté conservateur chez le Normand, il met du temps à se laisser tenter et ainsi à passer commande.

A Léonore de rajouter :
– Je m’éclate beaucoup plus sur Paris avec toute sa diversité.
Vous avez bien lu amis normands! Mouillez vous un peu.
Et je ne peux qu’ appuyer la vision de Léonore, j’ai moi-même vécu ceci lors des mes pérégrinations avec ma galerie nomade.

Et si tu avais un projet en Normandie, que serait-il ?
– J’aimerais beaucoup pouvoir créer une œuvre dans un lieu symbolique et à résonance historique, peut-être en bord de mer.
L’appel est lancé…

Pour découvrir en détail le travail de Léonore Deschamps et ses actualités, je vous invite à consulter :

Son site : http://leonoredeschamps.fr/

Sa page Instagram : https://www.instagram.com/leonoredeschamps/

Son Facebook : https://www.facebook.com/leonoredeschampsartisandesigner/?ref=bookmarks

Vive la Mosaïque et vive les Normandes !

                                                                                                                                  Nicolas Samson-Agnez